L’analyse de discours

L’analyse de discours (désormais AD) est un domaine de recherche nouveau et riche dans lequel se réunit les travaux de plusieurs domaines et disciplines de sciences humaines et sociales comme : la linguistique ,la psychologie, la philosophie , et la sociologie. De ce fait les recherches en analyse de discours ont évolué selon la diversité des courants , dans lesquels les concepts et les définitions et même les objectifs de recherches sont très différents .
Plus récemment , les sciences économiques se sont intéressées aussi au discours et à leurs différents types : discours managérial , discours patronal , discours des dirigeants , discours de l’entreprise , et ils ont intégré les méthodes et approches d’analyse de discours pour exploiter ces divers types de discours , plus précisément l’analyse de contenu , mais aujourd’hui avec l’apparition des nouvelles méthodes , les chercheurs en sciences de gestion essayent de dépasser l’analyse de contenu pour étudier les modes d’argumentation et la légitimité des énonces .
Le discours des dirigeants est un discours produit par un locuteur individuel ( patron ,PDG , cadre ) ou locuteur collectif de l’entreprise ou organisation ,ce locuteur vise à faire un impacte puissant sur le public visé . Ce discours s’inscrit dans une situation de communication particulière et un lieu institutionnel appelé l’entreprise ou l’organisation , et destiné aux acteurs qui ont une position qui les occupent dans la structure organisationnelle de l’entreprise.
Sur le plan linguistique le discours des dirigeants dans une entreprise est un discours qui porte les mêmes caractéristiques du discours économique , il est neutre, objectivant , qui partage les mêmes caractéristiques du discours scientifique .Plusieurs chercheurs de différentes disciplines rapprochent les discours économiques et les sciences économiques et de gestion aux disciplines des sciences naturelles ou exactes . L’ensemble des auteurs consultés définit le discours économique comme une énonciation objective visant la neutralité par une « prétention à parler au nom de la nature » (Achard,1978,p.17 ).
Mais aucun genre du discours n’échappe de la subjectivité comme elle signale Catherine Kerbrat-Orecchioni (2002 /1980 :189) « il n’est pas de ” genre ” qui échappe de l’emprise de la subjectivité , ni le discours des historiens, ni celui des géographes, ni celui des lexicographes , ni celui des juristes , ni celui des mathématiciens » ni celui des économistes , nous ajoutons aussi . Elle continue « mais ce ne sont pas les mêmes ” subjectivèmes ” qu’ils exploitent les uns et les autres » (Ibid.). ceci veut dire que les types de marques énonciatives se diffèrent d’un genre de discours à l’autre .
Ce locuteur se pose comme un sujet dans son discours par le biais des formes linguistiques appropriées tel que le « je » et le « nous » et d’autres indices énonciatifs , autrement dit les marques de la subjectivité , et il pose une autre entité en face de lui c’est son interlocuteur , qui est désigné aussi par d’autres moyens linguistiques comme le « tu » et « vous » et d’autres indices qui inscrivent son interlocuteur dans son énoncé . Ceci dit que l’énonciation a un caractère interpersonnel déclare Benveniste (1974 : 82) pour lui tout discours est adressé et tisse des relations interpersonnelles le locuteur et son interlocuteur:
Mais immédiatement, dès qu’il se déclare locuteur et assume la langue, il
implante l’autre en face de lui, quel que soit le degré de présence qu’il
attribue à cet autre. Toute énonciation est, explicite ou implicite, une
allocution, elle postule un allocutaire. (Italique de l’auteur)
Donc le discours permet au locuteur de construit une image de lui-même mais aussi , parallèlement , l’image de son destinataire .
Cette présente recherche s’inscrit dans le cadre de l’analyse de discours , qui portera sur les stratégies énonciatives déployées par le président du Forum des Chefs d’Entreprise algérien ( désormais FCE) Ali Haddad à pour l’objectif de repérer la prise en charge énonciative de l’énonciateur dans ses énoncés par le biais de deux stratégies énonciatives qui sont l’engagement énonciative ou l’effacement énonciative.
Aussi , dans la présente étude , nous essaierons d’analyser et d’étudier les modalités énonciatives (allocutives , élocutives et délocutives.( au sens de Patrick Charaudeau) . Ainsi que de repérer aussi les traces et les marques qui se manifestent dans ce genre du discours et qui assurent l’engagement ou l’effacement de l’énonciateur e dans ses énoncés et son Co- énonciateur ( destinataire), et de dégager aussi les différentes façons et moyens d’ancrer linguistiquement son Co-énonciateur .

Pour ce faire , nous avons choisi un corpus adéquat pour les objectifs de notre recherche ,notre corpus est compose plus précisément de 112 discours et des allocutions prononcés par le président du forum des chefs d’entreprise , Monsieur Ali Haddad en version PDF ,sélectionnées à partir du site Internet de la présidence selon différentes occasions et partant sur différentes thématiques. La période choisie s’étale du 27 novembre 2014, intitulé « discours du président élu » jusqu’au 21 février 2018 .
Notre choix a été fortement accordé aux discours du président de le FCE parce que ce sont les seuls discours diffusés en langue française par les services de FCE , sans faire le recours à la traduction .
Aussi , ce sont les seuls discours des dirigeants existants et qui nous pouvons y avoir
Nous tenterons à travers l’exploitation et l’analyse de corpus cité Supra de répondre à la problématique suivante : De quelle(s) manière(s) le locuteur s’inscrit-il dans son discours et comment il inscrit son interlocuteur ? en d’autres termes comment le locuteur manifeste t-il dans le discours patronal ?
Afin de répondre à notre problématique posée , il nous parait important de rappeler que cette problématique essaie aussi de trouver des réponses à des questions secondaires qui nous semblent importantes comme :
• Quels sont les indices qui relèvent de l’engagement et l’effacement du sujet énonciateur dans son énoncé ?
• Quels sont les moyens linguistiques, en présence dans le discours , qui permettent de construire l’image du locuteur ainsi que de son interlocuteur ?
• Quelles sont stratégies de l’énonciateur d’ancrer son interlocuteur dans ses énoncés ?

Le cadre théorique :
Pour répondre à notre problématique et étayer d’autre part notre analyse du corpus , notre cadre théorique sera constitue d’une combinaison de deux écoles linguistiques :
D’une part la linguistique énonciative